Les douleurs lombaires

80% des humains ressentent une douleur au bas du dos ou lombalgie à un moment donné dans leur vie. Une proportion plus faible ressent des douleurs cervicales. La plupart peuvent maintenir leurs activités habituelles, mais observent des périodes d’inconfort causée par la douleur. Environ 30 % ne parviennent pas à travailler en raison de maux de dos.

Quelles sont les causes des maux de dos ?

Dans la plupart des cas, la douleur est liée à des problèmes mécaniques de la colonne vertébrale, à savoir son dysfonctionnement. Le principal traitement consiste à normaliser la fonction, qui peut être obtenu avec des exercices et des soins posturaux. D’autres causes sont également fréquentes, telles que l’arthrose discale ou le trouble du disque intervertébral (maladie dégénérative du disque.). Les causes moins fréquentes sont la spondylolisthèse, la sacralisation de l’apophyse transverse de la cinquième vertèbre lombaire unilatérale ou bilatérale, le syndrome du muscle piriforme et les maladies des articulations sacro-iliaques.

Qu’est-ce que la posture ?

La posture est la position du corps. Une bonne posture peut être définie comme l’arrangement harmonieux des éléments constitutifs du corps dans une position statique et des situations dynamiques. Lorsque la colonne est redressée, la posture statique est érigée (position debout). La position verticale est obtenue par les tissus mous de la colonne, tels que les muscles, les ligaments et les capsules articulaires. Une bonne posture est le résultat de la capacité des ligaments, des capsules et du tonus musculaire à supporter le corps en position verticale, permettant d’être dans la même position pendant de longues périodes, sans inconfort. Une posture acceptable devrait également être esthétiquement appréciable. Aussi, lorsqu’une personne ressent un malaise ou une douleur, qu’elle soit assis dans son fauteuil ou allongé sur son lit, il s’agit probablement des symptômes de la maladie posturale de la moelle. Ainsi, le test postural évalue la position de la colonne vertébrale, ainsi que les composants impliqués dans l’équilibre ou le déséquilibre. Fait partie de l’évaluation physique de l’appareil locomoteur, il doit être complété par l’étude cinétique de la colonne vertébrale pour l’interprétation du fonctionnement correct des symptômes ou des résultats trouvés.

Qu’est-ce-que la colonne vertébrale?

La colonne vertébrale est une série de disques et de vertèbres qui se chevauchent. Deux vertèbres séparées par un disque intervertébral constituent une unité. Le segment antérieur de l’unité fonctionnelle est prêt à supporter le poids, à absorber les chocs et à faire preuve de souplesse. Dans le segment postérieur se situe des structures nerveuses (cordon et racines nerveuses) et un couple de joints qui guident les mouvements de chaque unité. Ils complètent les constituants des ligaments qui ont la fonction de soutien des muscles de la colonne vertébrale.

La moelle statique

La colonne vertébrale a quatre courbes physiologiques : lordose cervicale, lombaire, dorsale et cyphose sacrée. Elle est soutenue par le sacrum, qui se trouve entre les hanches. La dernière vertèbre lombaire et la première vertèbre sacrée forment un angle physiologique qui oriente la position de la colonne vertébrale. L’angle lombo-sacré (30 degrés) est déterminé par une ligne parallèle à la surface supérieure du sacrum dirigée vers une ligne horizontale. Il dépend de la position du bassin, qui est équilibré au centre sur un axe transversal situé entre les joints coxo-fémorales. Tout mouvement de rotation du bassin modifie l’angle lombo-sacré. L’inclinaison antérieure diminue le mouvement, et inversement, l’inclinaison postérieure positionne le sacrum dans le sens horizontal, augmente l’angle de la lordose, du lombaire et du lombo-sacrée. La position du bassin est contrôlée par les ligaments des articulations coxo-fémorales. Dans la position debout, l’extension des articulations coxo-fémorales est limitée à une position neutre par les ligaments ilio pectinés, qui sont des épaississements du tissu capsulaire antérieure des articulations coxo-fémorales. Le bassin est également soutenu par le muscle tenseur du fascia lata, qui renforce la position des hanches et empêche l’hyperextension des genoux. Cette aponévrose a une insertion proximale et distale au niveau de la crête iliaque de du muscle ilio tibial sur le côté latéral du genou. Le support des membres inférieurs se fait à travers la capsule et les ligaments du joint postérieur, sans contraction du quadriceps. Une légère contraction des muscles du mollet engage un minimum d’énergie. Le maintien de la posture debout est principalement lié à des ligaments avec les dépenses d’énergie minimale.

Le déséquilibre de la colonne vertébrale fonctionnelle

L’équilibre de la colonne doit être maintenu contre la gravité avec un minimum d’énergie, ce qui provoque le moins d’usure possible. Les muscles ne participent pas à ce processus et laissent les ligaments et les capsules partager le principal soutien. Lorsque la tension sur les ligaments dépasse les limites physiologiques, le réflexe de contraction musculaire est isométrique, afin de protéger les muscles de l’étirement. Une contraction musculaire soutenue entraîne la fatigue et l’incapacité à protéger l’étirement excessif. Dans la première phase de surcharge orthostatique, les patients signalent un inconfort, une fatigue et une douleur au niveau des tissus mous. Les facteurs impliqués dans la maladie posturale de la moelle sont nombreux. Quatre sont prédominants dans leur influence et leur fréquence :

– la lordose lombaire (lordose : position concave ; hyperlordose : concavité excessive),

– les maladies musculaires liées à une insuffisance de flexibilité des muscles des tissus mous,

– des anomalies structurelles congénitales ou acquises (neurologique, musculaire, squelettique, ligaments),

– des postures acquises par mauvaise habitude ou une formation insuffisante au cours des années de développement.

1 – Hyperlordose lombaire

La majorité des personnes souffrant de maux de dos ont une hyperlordose statique. Elle est souvent causée par la grossesse, le fait de dormir face vers le bas sur un matelas mou, le port des chaussures à talons hauts, l’assise sur des chaises sans dossier adéquat. Les mécanismes qui conduisent ces patients à subir la douleur peuvent être:

– La proximité des facettes articulaires et une compression excessive ;

– Le rétrécissement des racines nerveuses sensorielles qui vont aux muscles, la compression des articulations et des ligaments ;

– La saillie postérieure du disque qui s’appuie sur la partie postérieure du ligament longitudinal et les terminaisons nerveuses irritantes.

Les stimuli transmis par les fibres sensitives initient une réaction réflexe excessive qui conduit à la contraction des muscles, visant à protéger l’unité fonctionnelle compromise. Une contraction musculaire soutenue devient une nouvelle localisation de la douleur, ce qui complique la contraction intense en comprimant les tissus lésés, ce qui forme un cercle vicieux de douleur et de spasme. Ce modèle conceptuel de la lombalgie liée à l’hyperlordose a été accepte depuis plus de cent ans. Cependant, la pathogenèse de la douleur lombaire survient pendant de longues périodes de flexion, puisque l’homme moderne passe le plus clair de son temps assis. Dans cette position, le tissu arrière est étiré en excès et le disque intervertébral est repoussé. Dans ces cas, le traitement consiste en des exercices qui renforcent les muscles extenseurs, recréant la lordose anatomique. Le médecin doit déterminer si les symptômes sont dus à une hyperextension ou une hyperflexion. La reproduction de la position anormale causant la douleur qui clarifie la physiopathologie de chaque situation particulière.

2 – Maladies musculaires liées à la posture des muscles et/ou une faible raideur

La faiblesse des muscles abdominaux cause fréquemment une douleur au bas du dos. Des muscles abdominaux puissants sont nécessaires pour soutenir la pression de la cavité abdominale et équilibrer les muscles spinaux érecteurs. A défaut, la lordose lombaire prédomine. Une autre cause courante, souvent non identifiée, de la lombalgie est le manque de souplesse des muscles et des ligaments postérieurs de la colonne vertébrale lombaire, des cuisses et des jambes. Le rachis lombaire fléchit de 45 degrés. Pour la flexion proprement dite, les muscles ischio-caverneux, le fascia et ses ligaments longitudinaux doivent être suffisamment extensibles. La rotation antérieure du bassin est réalisé autour des articulations coxo-fémorales et est limitée par la longueur et le degré d’étirement des muscles postérieurs des cuisses et des jambes. Si les tissus ne sont pas suffisamment souples dans la tentative d’atteindre l’amplitude maximale, cela cause une douleur excessive et éventuellement des dommages structurels.

3 – Anomalies structurelles congénitales ou acquises

Lors de l’évaluation, des défauts d’érection de la colonne vertébrale doivent être recherchés. Il existe plusieurs causes d’asymétrie de longueur des membres inférieurs. Une différence jusqu’à 1 cm est considérée comme normal et n’est pas importante s’il n’y a pas d’autre cause de douleur ou d’inconfort interprétée comme à l’origine de la posture. Les anomalies qui provoquent un raccourcissement du membre inférieur sont l’hypoplasie congénitale, le polio, la post-fracture, une asymétrie du genou, une asymétrie du mollet, un varus, un valgus ou des équin du pied, une coxarthrose.

4 – Mauvaise habitude acquise par ou au cours des années de développement

Les influences des modèles culturels, sociaux, professionnels, des habitudes et du psychisme sur la posture sont importants et très nombreuses, et souvent difficiles à identifier. La combinaison de facteurs complique encore le problème. Mention doit être faite sur les gestes professionnels en position debout et assis, les différents modèles de sièges entraînent des surcharges, les excès d’étirement et les différentes manières de s’asseoir influencées par des raisons culturelles, y compris religieuses. La psyché contribue de façon importante à la posture. La posture est le langage du corps. Les personnes déprimées restent dans une position « écroulée », avec le tronc et les épaules courbées, projetées vers l’avant, comme s’ils étaient des personnes très fatiguées. Cette position conduit à l’étirement anormal des ligaments et à la douleur, et peut devenir très stressant puisqu’elle induit une surcharge des muscles extenseurs, en plus d’une fatigue physiologique et psychologique.

Douleur et psychologie

La douleur est un sentiment psychologique. Un observateur expérimenté doit discerner entre la douleur physique et l’amplification de la douleur observée chez les patients ayant des troubles affectifs graves. Les personnes sont également hyperkinétiques en raison de l’agression et de l’anxieux, et restent obstinément tendus et montrent leurs sentiments dans la posture. La position est déséquilibrée, avec le tronc au-dessus du centre de gravité et tous les muscles dans un état constant de contraction. Il est fréquent de trouver des adolescentes avec une grande taille qui tentent de le diminuer en courbant en arrière. La pratique de sport au cours des années de développement peut conduire à une asymétrie du corps (basket-ball et tennis). Chez les enfants et les adolescents, des troubles psychologiques collaborent de manière significative à des attitudes posturales inadéquates. Tous les modèles de postures acquises au cours de la période de croissance peuvent être perpétués et devenir des problèmes à l’âge adulte. Un traitement approprié peut toutefois résoudre ces problèmes. Le médecin peut effectuer la cautérisation (chimique ou thermique) des vaisseaux sanguins touchés.