Vous voulez perdre du poids ? Le froid est un allié

Le diabète est une maladie métabolique chronique avec une plus forte incidence, et dont le principal facteur de prédisposition est l’obésité. L’obésité est caractérisée par une augmentation du tissu adipeux, responsable du stockage de l’excès d’apport d’énergie sous la forme de nourriture.

Evolution des espèces

Les deux principales menaces pour l’environnement imposées par l’évolution des espèces étaient le manque de nourriture régulière et le froid. Sur le plan humain, il faut tenir compte des origines des espèces, dont nos lointains ancêtres qui dominaient l’agriculture, vivaient de la chasse et de la cueillette, et qui habitaient à un abri de fortune pour se protéger contre les conditions météorologiques défavorables. Ils pouvaient s’adapter à toute évolution et toute condition grâce au développement du tissu adipeux, qui permettait de stocker la nourriture dans le corps lui-même. Rappelons-nous qu’il y avait ni de maisons, ni de réfrigérateurs à cette époque et que les humains vivaient dans des petites tribus nomades et couraient après la nourriture. Quand ils le pouvaient, ils mangeaient tout ce qu’ils avaient sous la main puisque le prochain repas était incertain. L’énergie excédentaire stockée dans le tissu adipeux était utilisé en période de jeûne, période à laquelle ils repartaient à la chasse et à la cueillette à la recherche de la nourriture. Cela pouvait durer relativement longtemps, par rapport intervalles entre les repas du monde moderne. De plus, la période était associée à de grandes dépenses d’énergie dans la recherche de nourriture et la compétition contre les pressions de l’environnement.

Métabolisme et température

Nous savons que le corps, même au repos, utilise en permanence une quantité d’énergie pour maintenir ses fonctions essentielles et vivre de façon efficace. C’est ce qu’on appelle métabolisme basal. La transformation biochimique du substrat pour libérer l’énergie contenue dans la nourriture produit également un dégagement de chaleur. C’est ce métabolisme de base qui maintient la température du corps à 37 °C, même si les températures ambiantes sont inférieures. Quand nous faisons un exercice, le métabolisme augmente puisque nous avons besoin de plus d’énergie pour les contractions musculaires, et stimule la production de chaleur. Pour échapper de cette accumulation excessive de chaleur qui est préjudiciable au bon fonctionnement des enzymes, le corps élimine la chaleur sous forme d’eau chaude ou de la transpiration. La température du corps augmente également lorsqu’il est soumis à un environnement de chaleur intense. La stratégie de réglementation de la température est la même. En revanche, lorsque le corps est exposé à un environnement froid et que la différence de température entre le corps et l’environnement extérieur est très large, le corps commence à perdre de la chaleur dans l’environnement. Cela peut réduire dangereusement la température du corps. Pour régler cet écart accru, le métabolisme de base augmente la chaleur du corps grâce à un processus médié par la glande thyroïde et produit des contractions musculaires spontanées qui produisent également de la chaleur.

Le tissu adipeux

En outre, plusieurs espèces, y compris les humains, ont un organe spécialisé dans la production de chaleur : le tissu adipeux brun. Il s’agit d’un tissu avec différentes caractéristiques biochimiques du tissu adipeux blanc qui sert principalement à stocker la graisse, qui est caractérisé comme un tissu de forte activité métabolique. Lorsqu’il est activé par le froid, le corps utilise l’énergie stockée pour produire de la chaleur. Cette fonction a, au cours des dernières années, attiré l’attention des scientifiques en raison du potentiel du corps en tant que contrôleur de métabolisme pour la protection contre l’obésité et le diabète. Dans un article récemment publié dans la revue en ligne Diabetes, un groupe de chercheurs a montré que les personnes ayant une plus grande quantité de tissu adipeux brun ont un moindre risque d’obésité et de diabète. Alors que le tissu adipeux blanc se multiplie dans l’obésité, réduisant l’action de l’insuline et entraînant une hausse incontrôlée du glucose dans le sang, le tissu adipeux brun brûle l’excès de graisse, améliore la sensibilité à l’insuline et contrôle la glycémie.

Etude comparative

L’étude a permis de comparer le métabolisme d’hommes en bonne santé, avec des niveaux élevés de tissu adipeux brun d’un côté et de faibles niveaux de tissu adipeux brun de l’autre. Ces hommes étaient exposés à une température normale ou légèrement froide, suffisamment pour activer le tissu adipeux brun, mais pas assez pour produire un tremblement, pendant cinq à huit heures. Au cours de cette période, des échantillons de sang ont été prélevés pour le dosage du glucose, de l’insuline et des hormones et pour l’évaluation de la consommation d’oxygène. Les analyses ont révélé que le froid activait le tissu adipeux brun des hommes dont le niveau était élevé, offrant un apport d’énergie plus élevé en brûlant plus de calories, stimulant l’élimination du glucose par la circulation et accroissant la sensibilité à l’insuline. Tous les résultats du métabolisme étaient très positifs, ce qui suggère que ce tissu peut avoir une fonction anti-obésité et anti-diabète. La question est de savoir comment augmenter le tissu adipeux brun ? Un indice émergé de quelques expériences récentes suggèrent que l’activité physique régulière peut induire la production de tissu adipeux brun, mais c’est un sujet pour un autre article.