Je me sens si seul !

Ce qui est essentiel est invisible pour les yeux (Saint-Exupéry)

Ce qui nous fait sentir que nous sommes seuls

C’est une condition très courante à notre époque. Les gens préfèrent se retrouver avec eux-mêmes. C’est comme s’ils ne veulent pas que d’autres personnes pénètrent dans cette dimension intime de leur être. L’expérience d’une fille de huit ans qui disait se sentir si seule est un exemple. La petite fille vivait avec ses grands-parents puisque sa mère avait épousé un homme qui ne voulait pas d’elle. Avec le temps, cette situation a eu un impact sur ses sentiments, mais aussi sur sa relation avec ses grands-parents et sa mère. Pour aider les enfants qui font face à ce genre de situation, les spécialistes invitent souvent les parents à créer un espace chaleureux, une sorte de jardin secret, intime dans leur foyer. En général, ils vont apprendre à partager cet espace, et à découvrir peu à peu des scènes, des images et des messages auxquels ils n’avaient jamais prêté attention. Le cas de cette jeune fille n’est pas un cas isolé. De nombreuses personnes sont confrontées à ce genre de situation. Nous même sommes souvent confrontés à cette question existentielle : « Qui sommes-nous ? ». Nous pensons que nos actions peuvent faire peur ou mal à autrui, et que nous ne sommes pas directement concernés. Le fait est que nous nous sentons tellement déconnectés, si loin les uns des autres, que nous ne nous rendons pas compte que les autres vivent, aiment, ont faim, soif, et cherchent également un endroit qui leur fait se sentir mieux. Ce fait social est très inquiétant. De nombreux jeunes et enfants qui se sentent rejetés au sein de leur propre foyer ne souhaitent pas apprendre à réfléchir sur leur destin, ne veulent pas savoir que leur destin est lié à celui des autres. En d’autres termes, ils ne veulent pas reconnaitre que nous sommes tous interdépendants.

Un peu d’histoire sur la dynamique des relations invisibles

Comment ne pas parler et ne pas investir dans les connaissances sur les réseaux invisibles auxquels nous appartenons tous ? Comment ne pas explorer cette interaction impitoyable entre l’homme et le monde. Ce dont vous ne parlez pas ne semble pas exister. Existe-t-il des solutions en cas de difficultés dans les relations qui ne sont pas verbalisées ? Personne ne semble avoir accès à notre « moi intérieur ». L’histoire du son du silence est un exemple concret qui illustre ce fait. Un roi voulait que son fils soit un grand homme et, par conséquent, l’envoya chez un sage. Celui-ci lui demanda d’aller dans la forêt écouter tous les sons et de revenir après un an pour rapporter ce qu’il avait entendu. Le prince découvrit des sons merveilleux qu’il n’avait jamais entendus : le bruissement des feuilles, le chant des oiseaux, et toute sorte de sons. Cependant, lorsqu’il revint auprès du sage faire son rapport, le sage lui demanda de revenir pour écouter tous les sons qu’il pouvait entendre. Intrigué, mais obéissant, le prince retourna à la forêt et continuer à écouter les mêmes sons. Puis un matin, au levé du soleil, après avoir apaisé son cœur, il commença à entendre son propre souffle, puis des sons merveilleux qu’il n’avait jamais remarqués. Il voulait être sûr de ce qu’il avait entendu avant de revenir vers le sage. Il lui rapporta avec calme, humilité et patience qu’il avait entendu le bruit d’une fleur qui éclorait, leur son en sirotant la rosée au cours de la nuit, le son du soleil qui réchauffait la terre… Le sage dit alors : « Ces sons sont inaudibles parce que l’homme commence à perdre son esprit s’il adjoint des mots à chaque sonorité. L’homme ne veut pas écouter les messages que ces sont apportent à son cœur… Celui qui arrive à entendre battre le cœur des gens, devient un personne fiable parce qu’il comprend ce que l’autre ressent et a besoin. Inutile de dire que ce prince est devenu un roi sage, que son royaume était prospère et que son peuple était très heureux. Nous devrions peut-être nous rappeler que les jeux sont des moyens de socialisation. Ils nous permettent d’agir, de coopérer, travailler, participer à un niveau ludique, être sensible aux besoins des autres, nous adoucir, gérer les différences, mais aussi nous aider à obéir à des règles de coexistence, de loyauté et de respect. Lorsque les limites externes ne sont pas suffisamment internalisées, les impulsions ne sont pas confinées. Commence alors un processus d’infractions mineures qui peuvent s’accroître progressivement.

Le mal de notre temps : l’absence de soutien

L’un des maux de notre temps est le fait que les enfants de la classe inférieure apprennent à grandir seul et à être indépendants. Il est courant de demander à une mère qui a la garde de son fils de fournir des informations à ce sujet au psychologue. Souvent, les psychologues sociaux qui sont des interlocuteurs qui nous soutiennent, qui nous observent, une sorte présence régulière à qui l’on peut se référer et se fier. Ceux sont des modèles, des guident qui nous soutiennent et qui éclairent notre monde intérieur, et qui nous aident à faire face aux décisions importantes. Nous oublions souvent d’offrir un peu de chaleur, de baume au cœur aux personnes autour de nous, or cela est très important. Cette chaleur, nous pouvons également la trouver en nos amis, par leur présence, même dans le silence. Ces personnes importantes pour nous, que ce soit un parent ou une personne exerçant la fonction paternelle ou maternelle, donnent de leur chaleur sans aucune limites. Elles nous enseignent à travers leur propre exemple qui parle plus que mille mots. Elles parlent du fond du cœur, de façon ferme et constructive. Mais il faut reconnaitre que trop donner peut aussi nuire à la personne qui reçoit. En faisant face à des personnes très chaleureuses, nous repensons à nos actions avec beaucoup de douleur puisque nous devons nous remettre en question. En repensant à ces moments qui nous réchauffent le cœur et qui nous fortifient, nous voulons recommencer le voyage pour nous auto-améliorer, ce qui est humain et si fascinant. Le danger est que nous recherchons tellement cette chaleur ailleurs que nous oublions ce qui est plus important, notre « vrai moi ». Cela nous rend plus fort et nous aide à nous rendre compte que nous devons apprendre à partager, que nous devons faire le bonheur des autres pour être heureux à notre tour. Après tout, la maturité d’un être humain est perçue lorsqu’il se sent heureux de donner du plaisir à l’autre. Cela se produit également dans les relations affectives entre les hommes et les femmes.

L’égo

Du point de vue psychologique, le renforcement de l’ego consiste à savoir comment gérer les demandes internes avec les exigences de l’environnement. L’ego est fragile. Une personne ressent l’envie faire plaisir tout simplement pour le plaisir, sans considérer les conséquences, montre une faiblesse dans la réalisation d’un souhait, comprend et respectent les autres, ainsi exige également qu’on le respecte. Celui qui n’a jamais fait l’expérience de « tenir la vague » non seulement pour sauver sa peau, mais aussi en reconnaissant le bien commun, doit essayer. Après tout, la sagesse vient de l’expérimentation. Par conséquent, le suivi thérapeutique de la famille peut faciliter cette reconstruction, en reproduisant les réflexions au quotidien. L’intégration de ces personnes dans la communauté, avec des responsabilités et le contrôle, peut également aboutir à leur changement et, par conséquent, la création d’une nouvelle société. Nous devrions tous prendre conscience de cette « plaie » sociale et trouver des mécaniques qui nous permettraient, chacun à notre manière, de collaborer à la guérison collective.

A essayer : Pensez à vous protéger avec votre mutuelle idéale. Retrouvez notre comparateur mutuelle.